cécile mathias

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Cécile Mathias

Audiodescriptrice

Grand Palais

Michael Jackson
(23/11/2018 - 14/02/2019)



P.Y.T., 2009, ballons en latex, rubans et mocassins,
avec l’aimable autorisation de l’artiste, Appau Junior Boakye-Yiadom

Ballons en latex

« Dans une pièce épurée aux murs blancs, sur un sol gris anthracite, deux mocassins noirs sont dressés sur leurs pointes, côte à côte. 2 faisceaux de rubans blancs s’élancent depuis les talons des chaussures et s’évasent, tels deux jambes gigantesques. En haut, fixés au bout des fils, une vingtaine de ballons de baudruche aux couleurs acidulées touche le plafond blanc. Le bouquet coloré (parme, rose, jaune, rouge, vert, gris, orange et bleu) maintient les mocassins en suspension. »


Le Chemin s’illumine, David LaChapelle

Le chemin s'illumine

« Sur la photographie rectangulaire, un chemin de pavés blancs lumineux traverse en diagonale, de gauche à droite, un terrain vague en pente et l’embrase d’une lumière rouge. Au premier plan à droite, Michael Jackson se tient debout sur les deux premiers pavés, légèrement déhanché, une jambe pointée derrière lui. Il porte un body à manches longues argenté et un pantalon noir. Des mèches de cheveux ébène et ondulés balayent son visage tourné vers le ciel. La bouche ouverte, il semble chanter, une main sur le cœur, l’autre tendue vers une femme, 2 mètres derrière lui.
Perchée sur des escarpins écarlates en équilibre entre 2 pavés, elle lève ses mains gantées de mitaines rouges. Ses cheveux tirés en chignon durcissent son visage hagard aux traits émaciés. Un bustier à rayures rouges et noires enveloppe sa poitrine gracile et descend sur une jupe longue vermillon transparente qui épouse ses formes longilignes. A l’arrière-plan, au sommet du terrain vague, des gratte-ciel sombres aux multiples fenêtres piquetées de jaunes se découpent sur un ciel violet envahi par une lueur blanche fantomatique. »


La lune, du voyage réel aux voyages imaginaires,
(3/04 - 22/07/ 2019)



Reconstruction de la lunette de Galilée d’après l’original

Lunette de Galilée

« Posée sur une table en bois, l’immense lunette est inclinée à 45 degrés vers le ciel. 2 embouts noirs sont fixés de part et d’autre du cylindre en bois clair. L’instrument est attaché par 2 lanières de cuir sur une pièce de bois inclinée, au sommet d’un support tubulaire en bois foncé. Enchâssé sur un socle rond en laiton, ce dernier est pourvu de deux vis de réglage : l’une, métallique, à son sommet, l’autre en bois, à sa base. »


Le paysage bleu, Marc Chagall

Paysage bleu

« Cette toile rectangulaire représente l’un des thèmes de prédilection de Chagall, des amoureux sous la Lune, semblant s’étreindre sous l’astre bienveillant. Le peintre décline ici toute une palette de bleu. Le fond bleu électrique est traité à grands coups de pinceau bien visibles. À gauche, le couple est représenté par 2 visages, tête bêche et 2 mains. La tête de l’homme, à l’endroit, repose sur celle de la femme, à l’envers. Ils semblent flotter dans un espace nocturne sans gravité. À droite, la main bleu cyan de l’homme, accueille le visage de sa dulcinée encadré de courts cheveux bruns.

De ses grands yeux noirs aux longs cils se dégage une sérénité appuyée par un léger sourire. L’homme, de profil, effleure la joue de sa compagne de ses lèvres fermées. Son oeil en demi-lune la regarde avec douceur. De son autre main, il tient un bouquet de fleurs incliné vers le bas. Le feuillage vert épinard est parsemé de touches d’écarlate, de magenta, d’ocre rouge, de cramoisi et de cyan. En haut, au centre de la toile, un poisson blanc est dessiné la tête en bas, le corps en arc de cercle, tel un croissant de lune. Son oeil bleu en amande se détache sur la blancheur de son corps.

Légèrement en dessous, sur la droite, un grand coq se tient de profil, dressé sur ses ergots. La tête levée vers le poisson-lune, il le regarde d’un doux oeil rond, le bec entrouvert. Son corps bleu électrique est piqueté de taches cyan, blanches et ocre rouge. Des plumes habillent son croupion. Au-dessus de lui, dans le coin supérieur droit du tableau, un disque bleu saphir se détache. Peut-être celui de la nouvelle Lune ou d’un soleil éclipsé.
En bas à gauche, l’artiste signe en blanc : CHAGALL MARC, 1949. A l’opposé, se dressent les feuilles vert épinard d’une plante grasse. »


Rouge, art et utopie au pays des Soviets,
(20/03 - 01/07/ 2019)



V.I. Lénine en promenade avec des enfants, Alexandre Deïneka

Lénine en promenade

« Cette immense peinture rectangulaire est de facture réaliste. Au premier plan, une Rolls Royce décapotable bleu cobalt, aux chromes rutilants, roule à vive allure de gauche à droite sur une route de campagne bordée d’herbe et de graminées. Une légère fumée grise s’échappe du véhicule. Un chauffeur moustachu, en uniforme et casquette noirs, conduit Lénine, installé à l’arrière du véhicule, et sept enfants aux joues roses et aux habits colorés. A l’avant, sur le siège passager, un jeune garçon blond regarde droit devant lui. Sur la première banquette arrière, une fillette brune coiffée d’un chignon s’agrippe au siège en cuir devant elle, penchée en avant. Elle est entourée par une fillette couverte d’un fichu rose, qui regarde derrière, amusée, et par une jeune fille blonde.

Sur la deuxième banquette arrière, Lénine trône, entouré de trois enfants : un garçonnet blond, qu’il tient par l’épaule, une fillette aux cheveux clairs, et un petit garçon coiffé d’une casquette grise qui regarde la route, debout. Une couronne de cheveux châtain garnit l’arrière du crâne chauve de Lénine. Une moustache et une barbe taillée en pointe habillent son visage aux traits durs. Il regarde droit devant lui. Il porte un costume gris foncé sur une chemise blanche. Sa cravate noire vole au vent de la course.

Derrière la Rolls, une campagne luxuriante baignée de lumière s’étire en vallons. A gauche, une paysanne, juchée sur une carriole remplie de foin, conduit un cheval brun devant trois maisons en bois aux toits pentus. Derrière, des champs en labour s’étagent vers les collines à côté d’une forêt verdoyante. A droite, des meules de foin jalonnent la prairie vert pistache. A l’arrière-plan, à droite, chatoie l’immensité bleu azur d’un ciel d’été parsemé de nuages blancs. Une masse nuageuse grise assombrit le côté gauche. On devine la signature rouge groseille du peintre dans le coin inférieur droit. »


Moscou. Projet de décoration extérieure pour la station de métro « Arbat » sur la ligne Filiovskaïa, L.S.Teplitsky

Stationde métro Arbat

« Le marron et le beige prédominent dans le croquis rectangulaire en perspective, aux lignes géométriques. Il est structuré par deux rangées symétriques de quatre imposantes colonnes rectangulaires en marbre beige veiné d’acajou, terminées par un chapiteau d’inspiration dorique. Au premier plan, devant les colonnes, les sphères laiteuses de quatre suspensions semblables à des lunes surplombent la ligne de fuite du sol brillant en marbre beige bordé de noir. Le second plan est éclairé par deux lustres art déco constitués de sphères laiteuses suspendues à des cylindres.
Perdue entre les colonnes, une femme se tient tournée vers nous, au milieu d’un grand escalier couvert d’un tapis incarnat. Un bouquet serré contre elle, elle porte une toque blanche et un long manteau bleu minuit. En bas des escaliers, à droite, le nom de la station de métro s’étale en caractères cyrilliques sur un mur carrelé beige, au-dessus des mosaïques d’un sol en damier. A l’arrière-plan, à gauche et à droite, une galerie en étage aux balustrades en ferronneries ouvragées mène à l’escalier. »


Noir et blanc,
(12/11/2020 - 04/01/2021)



Poivron n°30, Edward Weston

Poivron

« Cette photographie verticale d’un poivron, posé à l’intérieur d’un entonnoir en étain, est traitée en gros plan très net. Le contraste entre la lumière projetée sur la forme tortueuse du légume et l’arrière-plan noir produit un effet volumétrique. Ces effets de lumière font ressembler le poivron à un culturiste au corps huilé et sculpté, assis de dos, les jambes recroquevillés contre lui, bandant les muscles de ses bras.

Sur la partie supérieure du poivron, les chairs, rebondies et brillantes sont tournées vers l’intérieur et se terminent en deux bulbes. En dessous, le corps nervuré et bosselé, aux formes incurvées est piqueté de noir en bas à droite. »


Lugdunum, musée gallo-romain de Lyon
Exposition permanente



« Nous sommes dans le hall du musée : à gauche se trouve la boutique et à droite la billetterie. Dans son prolongement, une rangée d’amphores conduit jusqu’à un large escalier hélicoïdal, dont la forme arrondie est soulignée à gauche par d’autres amphores en arc de cercle. Au-dessus, un plafond en forme de pétales de marguerites constitués de caissons en béton rayonnent autour d’un oculus (ouverture ronde), qui représente le coeur de la fleur. »


Mosaïque des jeux du cirque

Mosaique des jeux du cirque

« 8 chars répartis en 4 factions de 2 s’affrontent sur la piste dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Les conducteurs ou auriges portent des tuniques aux couleurs de leur faction : la blanche (albata), la bleue (veneta), la verte (prasina) et la rouge (russata). En bas à gauche, un char de la faction verte se renverse dans le virage, les roues brisées sur le sol. Les chevaux sont enchevêtrés les uns dans les autres ; l’aurige, tête en bas, est coincé entre eux. Sur sa droite, un aurige de la faction rouge, un fouet levé au-dessus de ses chevaux, talonne un char blanc. Son aurige est tourné vers son poursuivant. Devant eux, un char emprunte le virage à vive allure. Ici, la mosaïque, abîmée, rend la représentation de cet attelage incomplète. Dans le coin inférieur droit, un personnage fait claquer son fouet au-dessus de sa tête. »


MAC, Musée d’art contemporain de Lyon
Œuvres extérieures permanentes




Birnam, Jaume Plensa

Birnam, Jaume Plensa

« 4 cylindres en fonte de fer rouillé d’une tonne chacun et d’un mètre 84 de haut sont disposés en carré et dressés à la verticale. Chacun d’eux repose sur un socle circulaire réalisé dans le même matériau. Cette sculpture en fer rouillé semble émerger d’un autre temps. Du passé ou du futur ? Les formes archaïques donnent une sensation de puissance et évoquent des vestiges, totems ou attributs mythologiques qu’on aurait oubliés là, devant le musée…

L’un des cylindres est creusé d’alvéoles alignées, réparties irrégulièrement sur le pourtour. Ces alvéoles d’environ 15 centimètres de diamètre font penser aux cases du jeu africain de l’awalé. Se succèdent de haut en bas : une alvéole plus large ; un trio d’alvéoles reliées entre elles ; un trio d’alvéoles tronqué.

Le cylindre voisin est constitué d’un empilement de 15 épais anneaux en fonte, de même diamètre. Le 3ème est intégralement hérissé de petites pyramides en fonte, en relief. Le dernier cylindre possède une surface lisse, craquelée par endroits et patinée de rouille. »


Musée d’art et d’archéologie de Valence
Exposition permanente




Les bergers d’Arcadie, Hubert Robert

Les bergers d'Arcadie

« Depuis le coin inférieur gauche, un pin parasol s’élance vers la droite et se ramifie en 2 branches formant un V. Deux pierres brunes sont appuyées contre le tronc. Au pied de l’arbre, un berger en tunique rouge écarlate, un bâton à la main, est assis dans l’herbe près de son chien. Derrière le tronc, un second pin parasol, plus petit, s’élance à l’opposé du premier.

Au second plan, au centre, une famille de bergers, le père, en tunique rouge écarlate, la mère et leurs trois enfants, pointent du doigt un tombeau rectangulaire à 3 niveaux en pierre dorée. Inspiré du modèle antique, ce tombeau rappelle celui de Jean-Jacques Rousseau dessiné par Hubert Robert et construit en 1780 sur l’île aux peupliers, à Ermenonville. Derrière eux, 2 agneaux sont couchés dans l’herbe près de leur mère, sur ses 4 pattes. Tout à droite, un bouquet d’ifs ferme la composition.

Les bergers sont au bord d’un lac aux eaux bleu de Prusse, alimenté par une cascade bouillonnante située à l’arrière-plan, au centre du tableau. Elle coule entre des gorges lointaines et escarpées jusqu’à une île arborée, sur laquelle se tient un promeneur. A gauche de la cascade, dominant le lac, un temple dorique en ruines est perché sur une falaise, où poussent quelques arbres. Ce paysage évoque celui de Tivoli, située près de Rome et célèbre pour ses cascades, ses jardins et son temple de la Sybille.

Dans le fond à droite, de gigantesques rochers carrés se dressent dans le blanc laiteux du ciel. Sur la partie supérieure de la toile, un nuage gris clair cotonneux semble s’échapper du grand pin parasol. Il s’élance en diagonale dans le ciel bleu clair vers le coin supérieur droit. »



Nymphe endormie, Louis-Pierre Deseine

Nymphe endormie

« La nymphe est allongée face à nous en chien de fusil sur un lit aux draps froissés, comme raidis et aplatis par un long repos. L’étoffe épouse et accompagne la pesanteur et le mouvement du corps alangui. Elle met en valeur la courbe voluptueuse des hanches et des cuisses épanouies en marbre blanc veiné de noir. A droite, la tête est à demi renversée en arrière sur un oreiller bordé d’un volant en dentelle. La nymphe est profondément endormie, les yeux fermés et la bouche entrouverte sur ses dents parfaitement alignées. Sa longue chevelure souple se déploie derrière sa petite oreille droite. Un bras replié sous sa tête, l’autre épouse la rondeur de son sein et retombe sur le drap. Le poli et le brillant du marbre soulignent également la sensualité subtile de la nymphe. »


Centre du Patrimoine Arménien de Valence
Exposition permanente




Sayat Nova, du sculpteur Toros

Sayat Nova, du sculpteur Toros

« La sculpture noire toute en courbes représente le buste stylisé du troubadour Sayat Nova tenant un kamantcha, instrument à cordes arménien ressemblant à une vielle. Ce poète, chanteur et musicien arménien est célèbre dans tout le Caucase pour la beauté de ses vers. Maître du kamantcha, Sayat-Nova joue et compose avec cet instrument. Ses odes arméniennes sont consacrées surtout à l'amour. Son influence fut profonde sur tous les poètes arméniens les plus éminents, ainsi que sur d'autres poètes européens et russes à partir de 1916.

Sur la sculpture aux formes douces et épurées, il est représenté avec un visage ovale et très allongé, aussi haut que le buste. Sous un front immense, deux traits étirés symbolisent les yeux, fermés. Ils surplombent l’emplacement du nez, totalement lisse. La bouche, elle aussi fermée, est entourée de lèvres épaisses aux commissures légèrement relevées. En-dessous, le grand menton plat s’incurve sur le buste, enveloppé à gauche par un large bras. Les doigts sculptés avec précision entourent le corps rond de l’instrument couleur terre, en forme de calebasse. Son manche pointu se dresse au-dessus de la main jusqu’au front du musicien. En haut du manche, 4 chevilles sont disposées en quinconce, de part et d’autre. »



Scénographie du génocide arménien

Génocide arménien

« Nous nous trouvons à présent dans un étroit lieu de passage, semblable à un tunnel, sous un plafond noir rabaissé oppressant. A gauche, depuis le sol, une lumière blafarde éclaire une grande photo grise de 5 mètres de large sur 3 mètres de haut. Bordée par une grille évoquant une clôture en barbelés, elle représente des Arméniens sur la route de la déportation en Asie Mineure. Depuis l’arrière-plan gauche, flou et surexposé, une longue file d’hommes, de femmes et d’enfants traverse en diagonale jusqu’au premier plan, beaucoup plus net. Tous portent des foulards pour se protéger du soleil. Certains ont la tête baissée, d’autres regardent le photographe. Au premier plan, à droite, une femme et sa fillette, un ballot à la main, se détachent du groupe et nous fixent, éblouies par le soleil. Sous une chaleur accablante, leurs ombres se découpent sur le sol aride. A l’arrière-plan, derrière la maigre végétation composée de buissons et de quelques arbres, on devine une montagne désertique.

La photo a été prise durant l’été ou l’automne 1915 par le diplomate américain Leslie A. Davis en poste à Kharpert de 1915 à 1917. Pour les besoins de la scénographie de l’exposition, elle a été retournée. Elle fait face à un mur de béton gris. Cette scénographie austère et presque concentrationnaire met en scène l’histoire douloureuse du peuple Arménien.

En sortant du tunnel, nous retrouvons de la hauteur sous plafond. Nous arrivons au bout du couloir, dans un espace consacré au génocide et à sa mise en perspective historique au XXème siècle. »